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Vermeullen
quitta la salle d’interrogatoire emplit d’un lourd sentiment de fureur,
laissant Iris Rousseau aux mains expertes de Valdès. La porte claqua violemment
derrière lui, tandis qu’il empruntait le couloir sombre d’un commissariat
vieillissant en direction de la cafétéria.
Ce commissariat du 13ème
arrondissement de Paris était un bâtiment cubique de quatre étages, construit
en 1967 et posé au sommet d’une imposante montée de marches. L’ensemble des
étages avait été conçu selon un plan identique, à l’exception du dernier,
réservé à la très haute hiérarchie. Les bureaux, tous disposés le long des
façades, offraient de larges ouvertures à la lumière extérieure. Ils étaient
desservis par de longs et étroits couloirs lugubres, seulement éclairés par
quelques néons épars. L’ensemble de l’aménagement intérieur avait été réalisé à
l’aide de panneaux amovibles. Il s’agissait d’une situation provisoire,
destinée à rattraper le retard pris par le chantier et ainsi respecter la date
d’inauguration du bâtiment : hors de question de bouleverser l’emploi du
temps du Ministre de l’époque qui avait une sainte horreur du changement. A
terme, ces parois légères devaient être remplacées par de véritables cloisons
en plâtre et le lino premier prix, posé à la va-vite, par une moquette épaisse
et résistante. C’était il y a 45 ans : le provisoire était devenu définitif.
Les murs,
jadis blancs, s’étaient teintés de jaune sale et de beige, parsemés de tâches
d’encre et d’éclats de café, décorés de restes de posters. Quant au lino, il
était maintenant maculé de brûlures de cigarettes, vestige d’un temps béni ou
le personnel évoluait dans un épais brouillard de nicotine. L’atmosphère
générale de ce lacis de couloirs était d’ailleurs emprunte des marques de ce
passé. Tout ici fleurait encore le tabac froid et l’odeur rance du renfermé et
de l’humidité.
Au fil du
temps, trainer dans les couloirs était devenu une gageure et personne ne s’y
attardait plus que nécessaire, transformant les allées de lino en de véritables
pistes de course à pied, où chacun se croisait à la hâte. Il était ainsi devenu
impossible de discuter avec qui que ce soit dans un couloir, chacun filant vers
sa destination, la tête baissée, s’efforçant d’inhaler le moins d’air possible.
Cette
atmosphère irrespirable lui tapait sur le système depuis des années et il ne
s’y habituait toujours pas. Pourtant, ce n’était pas tant cela qui gênait le
commissaire Vermeullen ce matin, que son impuissance, quelques minutes
auparavant, à obtenir d’Iris Rousseau la moindre information. Il n’avait pas
mené d’interrogatoire poussé depuis de longues années et se demandait, agacé,
s’il n’avait pas perdu la main.
Au bout du
couloir, il tourna à gauche dans un second couloir où il prit sur sa droite,
descendit une volée de marches, bifurqua de nouveau vers la gauche et entra
dans la cafétéria.
La
cafétéria ! Un bien joli mot pour désigner cet espace étouffant, d’à peine
trois mètres carrés, où la direction de la police nationale avait fait
installer un distributeur de café, quatre tables hautes et dix tabourets de
bar. Situé quasiment au centre du bâtiment, ce lieu sans charme ne possédait ni
fenêtre, ni aération naturelle. Alors que la cafétéria aurait pu être cet
espace de rassemblement et de convivialité qui manquait tant au commissariat du
13ème, elle était si peu amène qu’il était rare d’y rencontrer qui
que ce soit ; les différentes équipes avaient préféré se payer leur propre
cafetière et ainsi s’éviter des déplacements inutiles autant que
désagréables.
C’est
justement la raison pour laquelle Vermeullen avait choisi de s’y rendre. Pour
rester seul et pouvoir réfléchir calmement, sans être dérangé. Ce qui avait
toutes les chances d’arriver.
* *
̶ Madame Rousseau ! Il serait
dommage de devoir vous garder ici toute la journée… J’imagine que vous avez
autre chose à faire…
̶ Je vous ai déjà tout dit. Que voulez-vous de
plus ?
La porte de
la salle d’interrogatoire s’ouvrit à la volée sur un type d’une trentaine
d’année entrant en trombe. Pas rasé, les cheveux noirs en bataille, il portait
un blouson de cuir sur une chemise orange largement ouverte sur sa poitrine
poilue.
̶ Quelle nuit de merde ! commença-t-il en
s’avachissant lourdement sur la chaise vide située à la gauche de Valdès.
Celle-ci ne
broncha pas, ne détournant pas ses yeux de ceux d’Iris Rousseau, laquelle
s’était vivement redressée sur son siège et observait ce personnage hirsute au
visage fatigué, les traits tirés et les yeux légèrement rougis, s’installer
face à elle. Valdès ne réagissant pas, Iris Rousseau lui lança un regard
interrogateur qui resta sans réponse.
̶ Quelle nuit de merde !
̶ Pascal ! Je suis en plein interrogatoire !
Alors si tu n’as rien à faire, je prendrais bien un café…
̶ C’est qui ? demanda-t-il, en désignant la
jolie femme d’un mouvement du menton.
̶ Iris Rousseau. Soupçonnée du meurtre de Medhi
Bouchrab.
Vilêne
siffla entre ses dents, comme admiratif.
̶ C’était votre amant ?
̶ Pascal ! intervint Véra.
̶ Je me disais… Si Bouchrab est votre amant, il
a beaucoup de chance…
̶ Avait beaucoup de chance, Pascal. Il
est mort !
̶ Et je n’y suis pour rien ! coupa Iris
Rousseau.
̶ Vous ne l’avez pas tué ? demanda-t-il
innocemment.
̶ Evidemment non !
̶ Ҫa m’étonnait aussi… Une femme comme vous… Si
classe…
̶ Pascal ! Va me chercher un café,
veux-tu ?
̶ Et pour Madame, ce sera ?
Le sourire
volontairement provocateur de Vilêne laissa Iris Rousseau de marbre.
̶ Un verre d’eau ! trancha Véra à sa place.
Vilêne
quitta la pièce, mais la porte n’eut pas le temps de se refermer que Vermeullen
entrait à son tour.
̶ Pas moyen de rester seule ! déplora Valdès
̶ Ҫa avance ?
̶ Ҫa avancerait surement plus vite si je n’étais
pas interrompue à tout bout de champ !
Puis, se
trournant vers Iris Rousseau, elle ajouta :
̶ A ce rythme, je vais devoir vous garder plus
longtemps que je ne l’aurais souhaité… C’est peut-être pas plus mal, non ?
ajouta-t-elle dans un sourire à l’adresse de Vermeullen.
̶ C’est bon, je vous laisse.
* *
Vermeullen
retrouva Vilêne à la machine à café. Une vieille habitude. Ils étaient les
derniers à utiliser les lieux pour papoter.
̶ Alors ? demanda Pascal.
̶ Pas simple… Elle assure avoir laissé Bouchrab
vers 21h30 au restaurant et être rentrée directement chez elle.
̶ Ҫa pose problème ?
̶ Bien sûr que non. C’est probablement la
vérité… Mais impossible de lui faire dire ce qu’ils faisaient ensemble ce
soir-là ! Ni pourquoi ils se sont disputés ! Elle continue à affirmer
qu’ils étaient amants et refuse d’admettre que Medhi ait pu être homosexuel.
Vilêne eut
une large sourire.
̶ Nous avons les moyens de vous faire parler,
monsieur Bond…
̶ Je crois que tu devrais y retourner, Pascal.
̶ Tu crois que je devrais tenter ma
chance ? Si Bouchrab y est parvenu, ça doit pouvoir le faire…
̶ Ҫa fait combien de temps que t’as pas touché
une femme ?
̶ Depuis les seins de ma mère !
rigola-t-il. Et toi ?
̶ Une éternité… Je ne sais même plus le goût que
ça a…
̶ C’est plutôt toi qui devrais retourner la
voir ! Suis sûr qu’elle te plait…
̶ J’ai pas la patience, Pascal. Si je vais
là-bas, je vais encore m’énerver et je risque de lui mettre une paire de
baffes !
̶ C’est peut-être ce qu’elle attend !
Vermeullen
se contenta de hausser les épaules de dépit tandis que Vilêne, hilare, quittait
la cafétéria en pouffant de plus belle.
* *
̶ Coupure d’eau dans le quartier !
annonça Vilêne d’une voix forte en entrant dans la salle d’interrogatoire.
Personne ne sait ce qu’il se passe. Est-ce l’approche des élections qui rend
les tuyaux nerveux ? Je vous ai quand même ramené un verre, au cas où…
Vilêne
déposa le gobelet vide devant Iris Rousseau et tendit le café à Valdès.
̶ Je vois qu’il n’y a pas de pénurie d’eau pour
tout le monde ! grimaça Iris Rousseau.
̶ C’était le dernier verre ! C’est pas
votre jour de chance…
Iris
Rousseau lui lança un regard de profond mépris.
̶ Reprenons ! Vous étiez donc la
maîtresse femme de Medhi Bouchrab l’homosexuel, c’est bien cela ?
lança-t-il aussitôt, un sourire froid au coin des lèvres.
Elle
continua de le toiser, en silence, sans se départir d’une expression
dédaigneuse.
̶ Vous ne couchez qu’avec des homos ? C’est
votre truc ? Vous êtes chargée de la mission divine de les convertir ? Et
vous les tuez quand vous échouez ?
En guise de
réponse, elle se fendit d’un sourire magnifique dont elle avait le secret. Un
sourire si parfaitement maîtrisé que l’on pouvait y lire la masse de
condescendance qu’il portait en lui.
Sans
s’émouvoir, Vilêne sortit de sa veste trois clichés qu’il posa négligemment
devant elle. Tous trois représentaient Medhi Bouchrab en charmante compagnie
masculine, en des positions suggestives, ne laissant aucun doute sur les liens
l’unissant aux autres personnes dont le visage avait été flouté.
̶ On l’appelle Arsène dans le milieu. Vous savez
pourquoi ?
̶ Ce n’est pas lui ! Ces photos sont
truqués !
̶ En hommage à Lupin ! Arsène Lupin !
Vous le saviez ?
̶ Je vous dis que ce n’est pas lui !
̶ Vous savez parfaitement que si ! Comme
vous connaissez surement sa spécialité : piquer du pognon aux
multinationales. Aux boîtes comme celle qui vous emploie ! Une sommité
dans son domaine, Lupin ! Extrême doué. Professionnel irréprochable. A la
tête d’une organisation remarquable…
̶ Je prendrais bien de l’eau, commissaire.
̶ Inspecteur, ma belle… Inspecteur
Vilêne !
̶ Je boirais bien de l’eau, inspecteur Vilêne. S’il
vous plait… insista-t-elle suppliante.
̶ Les tuyaux sont vides, Madame Rousseau. Medhi
Bouchrab, alias Arsène, les a tous asséchés ! Vous savez probablement
comment il s’y prenait pour extorquer ces firmes ? En montant des dossiers
bidons d’espionnage industriel ou de contrefaçon envers de grosses entreprises
françaises. De faux dossiers mettant en cause des entreprises chinoises
totalement fictives et créées pour l’occasion, au coup par coup, grâce à son
réseau.
̶ Je ne sais pas de quoi vous me parlez
inspecteur…
̶ Mais si. Vous le savez parfaitement Madame
Rousseau. Votre entreprise, Exenture, comme une dizaine d’autres, a été défendu
par Medhi Bouchrab lors de différents procès fortement médiatisés et pour lesquels
il était grassement rémunéré. Des procès magnifiquement gagnés, même si les
multinationales françaises faussement spoliées n’ont jamais obtenu la moindre
compensation financière : à peine condamnées, les pseudos entreprises
chinoises devenaient subitement insolvables et se déclaraient en faillite. Les
multinationales françaises y trouvaient
cependant leur compte : faire cesser le trafic dont elles se pensaient
victime.
̶ Vous n’étiez pas au courant, Madame
Rousseau ? demanda Valdès. En tant que directrice financière, vous avez
pourtant dû mesurer le coût exorbitant de ces procès…
̶ Il a piqué combien à Exenture ? demanda
Vilêne.
̶ Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez…
̶ IL A PIQUE COMBIEN ??
̶ Un million et demi, chuchota Iris Rousseau.
La voix
fluette leur troua pourtant les tympans.
̶ Un million et demi ? hurlèrent en cœur
les deux policiers.
̶ Oui. En cinq ans et sept procès. Mais tous
n’étaient pas des faux. Le huitième venait de commencer. On venait de lui
verser une avance de deux cents milles.
̶ J’aurais dû faire Droit quand j’étais
plus jeune ! Ecouter davantage ma mère…
̶ Comment avez-vous compris pour les
faux procès ? questionna Valdès.
̶ Un peu par hasard. Y a environ trois mois,
j’ai croisé un de ces chinois contre qui nous avions gagné un procès l’an dernier.
Il déjeunait avec Medhi. Quand je les ai vus tous les deux attablés, j’ai
trouvé cela étrange... J’ai ressenti un truc bizarre… Une sorte d’alerte… Comme
un petit doigt me disant de faire attention...
Vilêne se
leva d’un coup et disparu de la salle d’interrogatoire. Il revint presque
aussitôt avec un broc qu’il posa sur la table.
̶ L’eau est revenue ! Où en
étions-nous ?
̶ La puce à l’oreille, répondit Valdès.
Iris
Rousseau attrapa le broc et se servit un grand verre qu’elle avala d’un trait.
Elle s’en resservit un second qui connut le même sort, puis un troisième
qu’elle laissa plein devant elle, une main autour du gobelet.
̶ J’ai commencé par ressortir le dossier
concernant l’entreprise de ce chinois. J’ai fouillé sur internet, contacté des
confrères. De relations en relations, je suis tombé sur un français travaillant
en Chine, spécialisé en création d’entreprise. Il a enquêté sur cette boîte
contre qui nous avions gagné le procès. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une
coquille vide ! Elle avait bien été enregistrée officiellement avant de
déposer le bilan, mais entre ces deux dates, elle n’avait jamais eu la moindre
activité commerciale.
̶ Qu’avez-vous fait ?
̶ Le soir même, je fonçais chez Medhi. Folle de
rage. Devinez quoi ? Il a tout avoué ! Sans que j’ai à le
forcer ! M’expliquant qu’il avait été contraint de monter ces affaires
bidons en raison de dettes de jeu contractées par son ex-femme, une accroc au
poker. Il m’a montré des photos d’elles, dans différents tournois. Il m’a
montré les reconnaissances de dettes, avec les montants déjà payés et les
montants encore dus, avec leur date d’échéance…
̶ Et vous l’avez cru ? Après ce que vous
veniez de découvrir ?
̶ Oui…, bafouilla-t-elle, presque navrée. Tout
semblait parfaitement authentique. Lui-même était si touchant, si tendre. Il
m’en parlait les larmes aux yeux, m’implorant de le pardonner… Jurant qu’il
m’aimait comme il n’avait jamais aimé personne… Que son rêvé était de
m’épouser… Mais qu’avant, il voulait assainir sa situation financière… Et j’y
ai cru…
Elle
baissa lentement la tête et son regard triste se posa sur le verre que sa main
serrait toujours. Sa voix s’était faite de moins en moins assurée à mesure
qu’elle parlait, et son corps, élancée et fier à son entrée dans la pièce,
commençait à ployer sous le poids de ses révélations.
̶ Vous l’aimiez beaucoup, n’est-ce pas ?
demanda tendrement Valdès.
̶ Eperdument !
De faibles
pleurs affluèrent à la commissures de ses yeux et, sans force, elle les laissa
couler le long de ses joues, se contentant de dissimuler ses mains tremblantes
sous la table.
̶ Trois jours après cette discussion, il
m’appelle et me propose ce voyage en Thaïlande…
̶ Vous deviez partir avec lui ?
̶ Oui. On devait prendre un billet chacun de
notre côté. Pour ne pas éveiller les soupçons. Voilà pourquoi vous n’avez
trouvé que le sien. Je n’ai jamais pris le mien…
̶ Et votre mari dans tout… Aïe ! hurla
Vilêne, mais t’es cinglé !
Il attrapa
sa cuisse à deux mains, se tordant de douleur à la suite du violent coup de
coude que venait de lui asséner Valdès. Tout à sa tristesse, Iris Rousseau
sembla ne rien remarquer, continuant à répondre machinalement aux questions
qu’elle devinait plus qu’elle n’entendait.
̶ Je l’aimais comme une folle. J’étais prête à
quitter mon mari pour lui... Ah ! Mon mari ! Je crois qu’il n’a jamais rien remarqué. Ҫa
fait dix ans qu’il ne remarque plus rien… J’aimais Medhi et le croyait.
Pourtant, au fond de moi, il y avait toujours cette petite voix où subsistait
comme un doute sur sa sincérité…
̶ Quand le doute s’installe… murmura Valdès,
mais Iris Rousseau continua sans l’entendre.
̶ Cette petite voix qui me disait « fait
attention Iris, fait attention ». Un soir, il y a un mois environ, je me
suis cachée en face de chez lui. Je l’ai attendu dans ma voiture. Un taxi est
passé le prendre vers minuit. Je l’ai suivi jusqu’à un bar du marais où il est
descendu. Je n’ai pas eu besoin de chercher à me garer pour en voir davantage.
A la façon dont il a été accueilli, embrassé, caressé par les types à l’entrée,
le masque est tombé… Lourdement... J’ai compris que je m’étais faite
roulée ! Que je n’étais qu’une pompe à fric ! Ҫa fait mal…
Iris
Rousseau s’écroula presque sur le bureau tandis que la chute des larmes
redoublait d’intensité.
̶ Putain, comme
ça fait mal…
Valdès et
Vilêne restèrent un moment immobiles et silencieux, lui laissant le temps
d’évacuer sa tristesse et sa misère.
Jugeant
qu’il était temps de conclure, Vilêne reprit la parole.
̶ Pouvez-vous nous parler du soir du
meurtre ?
̶ Vous savez déjà tout. Je suis venu lui dire
mes quatre vérités et je suis partie. Vous pensez sincèrement que j’ai pu le
tuer ?
Elle était
totalement effondrée. On eut dit qu’elle avait perdu trente centimètres tant
son menton tremblotant était proche du bord de la table. De son beau visage ne
subsistait que le bleu de ses yeux et l’on aurait pu lui donner quinze ans de
plus sans penser se tromper.
Valdès se
leva, contourna la table et posa une main tendre sur l’épaule d’Iris Rousseau.
Mais celle-ci la repoussa doucement.
̶ On va vous raccompagner, proposa Vilêne.
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