Chap 22

 
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         Vermeullen quitta la salle d’interrogatoire emplit d’un lourd sentiment de fureur, laissant Iris Rousseau aux mains expertes de Valdès. La porte claqua violemment derrière lui, tandis qu’il empruntait le couloir sombre d’un commissariat vieillissant en direction de la cafétéria.
          Ce commissariat du 13ème arrondissement de Paris était un bâtiment cubique de quatre étages, construit en 1967 et posé au sommet d’une imposante montée de marches. L’ensemble des étages avait été conçu selon un plan identique, à l’exception du dernier, réservé à la très haute hiérarchie. Les bureaux, tous disposés le long des façades, offraient de larges ouvertures à la lumière extérieure. Ils étaient desservis par de longs et étroits couloirs lugubres, seulement éclairés par quelques néons épars. L’ensemble de l’aménagement intérieur avait été réalisé à l’aide de panneaux amovibles. Il s’agissait d’une situation provisoire, destinée à rattraper le retard pris par le chantier et ainsi respecter la date d’inauguration du bâtiment : hors de question de bouleverser l’emploi du temps du Ministre de l’époque qui avait une sainte horreur du changement. A terme, ces parois légères devaient être remplacées par de véritables cloisons en plâtre et le lino premier prix, posé à la va-vite, par une moquette épaisse et résistante. C’était il y a 45 ans : le provisoire était devenu définitif.
         Les murs, jadis blancs, s’étaient teintés de jaune sale et de beige, parsemés de tâches d’encre et d’éclats de café, décorés de restes de posters. Quant au lino, il était maintenant maculé de brûlures de cigarettes, vestige d’un temps béni ou le personnel évoluait dans un épais brouillard de nicotine. L’atmosphère générale de ce lacis de couloirs était d’ailleurs emprunte des marques de ce passé. Tout ici fleurait encore le tabac froid et l’odeur rance du renfermé et de l’humidité.
         Au fil du temps, trainer dans les couloirs était devenu une gageure et personne ne s’y attardait plus que nécessaire, transformant les allées de lino en de véritables pistes de course à pied, où chacun se croisait à la hâte. Il était ainsi devenu impossible de discuter avec qui que ce soit dans un couloir, chacun filant vers sa destination, la tête baissée, s’efforçant d’inhaler le moins d’air possible.
         Cette atmosphère irrespirable lui tapait sur le système depuis des années et il ne s’y habituait toujours pas. Pourtant, ce n’était pas tant cela qui gênait le commissaire Vermeullen ce matin, que son impuissance, quelques minutes auparavant, à obtenir d’Iris Rousseau la moindre information. Il n’avait pas mené d’interrogatoire poussé depuis de longues années et se demandait, agacé, s’il n’avait pas perdu la main.
         Au bout du couloir, il tourna à gauche dans un second couloir où il prit sur sa droite, descendit une volée de marches, bifurqua de nouveau vers la gauche et entra dans la cafétéria.
         La cafétéria ! Un bien joli mot pour désigner cet espace étouffant, d’à peine trois mètres carrés, où la direction de la police nationale avait fait installer un distributeur de café, quatre tables hautes et dix tabourets de bar. Situé quasiment au centre du bâtiment, ce lieu sans charme ne possédait ni fenêtre, ni aération naturelle. Alors que la cafétéria aurait pu être cet espace de rassemblement et de convivialité qui manquait tant au commissariat du 13ème, elle était si peu amène qu’il était rare d’y rencontrer qui que ce soit ; les différentes équipes avaient préféré se payer leur propre cafetière et ainsi s’éviter des déplacements inutiles autant que désagréables. 
         C’est justement la raison pour laquelle Vermeullen avait choisi de s’y rendre. Pour rester seul et pouvoir réfléchir calmement, sans être dérangé. Ce qui avait toutes les chances d’arriver.
 
* *
 
         ̶   Madame Rousseau ! Il serait dommage de devoir vous garder ici toute la journée… J’imagine que vous avez autre chose à faire…
         ̶   Je vous ai déjà tout dit. Que voulez-vous de plus ?
         La porte de la salle d’interrogatoire s’ouvrit à la volée sur un type d’une trentaine d’année entrant en trombe. Pas rasé, les cheveux noirs en bataille, il portait un blouson de cuir sur une chemise orange largement ouverte sur sa poitrine poilue.
         ̶  Quelle nuit de merde ! commença-t-il en s’avachissant lourdement sur la chaise vide située à la gauche de Valdès.
         Celle-ci ne broncha pas, ne détournant pas ses yeux de ceux d’Iris Rousseau, laquelle s’était vivement redressée sur son siège et observait ce personnage hirsute au visage fatigué, les traits tirés et les yeux légèrement rougis, s’installer face à elle. Valdès ne réagissant pas, Iris Rousseau lui lança un regard interrogateur qui resta sans réponse.
         ̶  Quelle nuit de merde !
         ̶  Pascal ! Je suis en plein interrogatoire ! Alors si tu n’as rien à faire, je prendrais bien un café…
         ̶  C’est qui ? demanda-t-il, en désignant la jolie femme d’un mouvement du menton.
         ̶  Iris Rousseau. Soupçonnée du meurtre de Medhi Bouchrab.
         Vilêne siffla entre ses dents, comme admiratif.
         ̶  C’était votre amant ?
         ̶  Pascal ! intervint Véra.
         ̶  Je me disais… Si Bouchrab est votre amant, il a beaucoup de chance…
         ̶  Avait beaucoup de chance, Pascal. Il est mort !
         ̶  Et je n’y suis pour rien ! coupa Iris Rousseau.
         ̶  Vous ne l’avez pas tué ? demanda-t-il innocemment.
         ̶  Evidemment non !
         ̶  Ҫa m’étonnait aussi… Une femme comme vous… Si classe…
         ̶  Pascal ! Va me chercher un café, veux-tu ?
         ̶  Et pour Madame, ce sera ?
         Le sourire volontairement provocateur de Vilêne laissa Iris Rousseau de marbre.
         ̶  Un verre d’eau ! trancha Véra à sa place.
         Vilêne quitta la pièce, mais la porte n’eut pas le temps de se refermer que Vermeullen entrait à son tour.
         ̶  Pas moyen de rester seule ! déplora Valdès
         ̶  Ҫa avance ?
         ̶  Ҫa avancerait surement plus vite si je n’étais pas interrompue à tout bout de champ !
         Puis, se trournant vers Iris Rousseau, elle ajouta :
         ̶  A ce rythme, je vais devoir vous garder plus longtemps que je ne l’aurais souhaité… C’est peut-être pas plus mal, non ? ajouta-t-elle dans un sourire à l’adresse de Vermeullen.
         ̶  C’est bon, je vous laisse.
 
* *
 
         Vermeullen retrouva Vilêne à la machine à café. Une vieille habitude. Ils étaient les derniers à utiliser les lieux pour papoter.
         ̶  Alors ? demanda Pascal.
         ̶  Pas simple… Elle assure avoir laissé Bouchrab vers 21h30 au restaurant et être rentrée directement chez elle.
         ̶  Ҫa pose problème ?
         ̶  Bien sûr que non. C’est probablement la vérité… Mais impossible de lui faire dire ce qu’ils faisaient ensemble ce soir-là ! Ni pourquoi ils se sont disputés ! Elle continue à affirmer qu’ils étaient amants et refuse d’admettre que Medhi ait pu être homosexuel.
         Vilêne eut une large sourire.
         ̶  Nous avons les moyens de vous faire parler, monsieur Bond…
         ̶  Je crois que tu devrais y retourner, Pascal.
         ̶  Tu crois que je devrais tenter ma chance ? Si Bouchrab y est parvenu, ça doit pouvoir le faire…
         ̶  Ҫa fait combien de temps que t’as pas touché une femme ?
         ̶  Depuis les seins de ma mère ! rigola-t-il. Et toi ?
         ̶  Une éternité… Je ne sais même plus le goût que ça a…
         ̶  C’est plutôt toi qui devrais retourner la voir ! Suis sûr qu’elle te plait…
         ̶  J’ai pas la patience, Pascal. Si je vais là-bas, je vais encore m’énerver et je risque de lui mettre une paire de baffes !
         ̶  C’est peut-être ce qu’elle attend !
         Vermeullen se contenta de hausser les épaules de dépit tandis que Vilêne, hilare, quittait la cafétéria en pouffant de plus belle.
 
* *
 
         ̶  Coupure d’eau dans le quartier ! annonça Vilêne d’une voix forte en entrant dans la salle d’interrogatoire. Personne ne sait ce qu’il se passe. Est-ce l’approche des élections qui rend les tuyaux nerveux ? Je vous ai quand même ramené un verre, au cas où…
         Vilêne déposa le gobelet vide devant Iris Rousseau et tendit le café à Valdès.
         ̶  Je vois qu’il n’y a pas de pénurie d’eau pour tout le monde ! grimaça Iris Rousseau.
         ̶  C’était le dernier verre ! C’est pas votre jour de chance…
         Iris Rousseau lui lança un regard de profond mépris.
         ̶  Reprenons ! Vous étiez donc la maîtresse femme de Medhi Bouchrab l’homosexuel, c’est bien cela ? lança-t-il aussitôt, un sourire froid au coin des lèvres.
         Elle continua de le toiser, en silence, sans se départir d’une expression dédaigneuse.
         ̶  Vous ne couchez qu’avec des homos ? C’est votre truc ? Vous êtes chargée de la mission divine de les convertir ? Et vous les tuez quand vous échouez ?
         En guise de réponse, elle se fendit d’un sourire magnifique dont elle avait le secret. Un sourire si parfaitement maîtrisé que l’on pouvait y lire la masse de condescendance qu’il portait en lui.
         Sans s’émouvoir, Vilêne sortit de sa veste trois clichés qu’il posa négligemment devant elle. Tous trois représentaient Medhi Bouchrab en charmante compagnie masculine, en des positions suggestives, ne laissant aucun doute sur les liens l’unissant aux autres personnes dont le visage avait été flouté.
        ̶  On l’appelle Arsène dans le milieu. Vous savez pourquoi ?
        ̶  Ce n’est pas lui ! Ces photos sont truqués !
        ̶  En hommage à Lupin ! Arsène Lupin ! Vous le saviez ?
        ̶  Je vous dis que ce n’est pas lui !
        ̶  Vous savez parfaitement que si ! Comme vous connaissez surement sa spécialité : piquer du pognon aux multinationales. Aux boîtes comme celle qui vous emploie ! Une sommité dans son domaine, Lupin ! Extrême doué. Professionnel irréprochable. A la tête d’une organisation remarquable…
        ̶  Je prendrais bien de l’eau, commissaire.
        ̶  Inspecteur, ma belle… Inspecteur Vilêne !
        ̶  Je boirais bien de l’eau, inspecteur Vilêne. S’il vous plait… insista-t-elle suppliante.
        ̶   Les tuyaux sont vides, Madame Rousseau. Medhi Bouchrab, alias Arsène, les a tous asséchés ! Vous savez probablement comment il s’y prenait pour extorquer ces firmes ? En montant des dossiers bidons d’espionnage industriel ou de contrefaçon envers de grosses entreprises françaises. De faux dossiers mettant en cause des entreprises chinoises totalement fictives et créées pour l’occasion, au coup par coup, grâce à son réseau.
         ̶  Je ne sais pas de quoi vous me parlez inspecteur…
         ̶  Mais si. Vous le savez parfaitement Madame Rousseau. Votre entreprise, Exenture, comme une dizaine d’autres, a été défendu par Medhi Bouchrab lors de différents procès fortement médiatisés et pour lesquels il était grassement rémunéré. Des procès magnifiquement gagnés, même si les multinationales françaises faussement spoliées n’ont jamais obtenu la moindre compensation financière : à peine condamnées, les pseudos entreprises chinoises devenaient subitement insolvables et se déclaraient en faillite. Les multinationales  françaises y trouvaient cependant leur compte : faire cesser le trafic dont elles se pensaient victime.
         ̶  Vous n’étiez pas au courant, Madame Rousseau ? demanda Valdès. En tant que directrice financière, vous avez pourtant dû mesurer le coût exorbitant de ces procès…
         ̶  Il a piqué combien à Exenture ? demanda Vilêne.
         ̶  Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez…
         ̶  IL A PIQUE COMBIEN ??
         ̶  Un million et demi, chuchota Iris Rousseau.
         La voix fluette leur troua pourtant les tympans.
         ̶  Un million et demi ? hurlèrent en cœur les deux policiers.
         ̶  Oui. En cinq ans et sept procès. Mais tous n’étaient pas des faux. Le huitième venait de commencer. On venait de lui verser une avance de deux cents milles.
         ̶  J’aurais dû faire Droit quand j’étais plus jeune ! Ecouter davantage ma mère…
         ̶  Comment avez-vous compris pour les faux procès ? questionna Valdès.
         ̶  Un peu par hasard. Y a environ trois mois, j’ai croisé un de ces chinois contre qui nous avions gagné un procès l’an dernier. Il déjeunait avec Medhi. Quand je les ai vus tous les deux attablés, j’ai trouvé cela étrange... J’ai ressenti un truc bizarre… Une sorte d’alerte… Comme un petit doigt me disant de faire attention...
         Vilêne se leva d’un coup et disparu de la salle d’interrogatoire. Il revint presque aussitôt avec un broc qu’il posa sur la table.
         ̶  L’eau est revenue ! Où en étions-nous ?
         ̶  La puce à l’oreille, répondit Valdès.
         Iris Rousseau attrapa le broc et se servit un grand verre qu’elle avala d’un trait. Elle s’en resservit un second qui connut le même sort, puis un troisième qu’elle laissa plein devant elle, une main autour du gobelet.
         ̶  J’ai commencé par ressortir le dossier concernant l’entreprise de ce chinois. J’ai fouillé sur internet, contacté des confrères. De relations en relations, je suis tombé sur un français travaillant en Chine, spécialisé en création d’entreprise. Il a enquêté sur cette boîte contre qui nous avions gagné le procès. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une coquille vide ! Elle avait bien été enregistrée officiellement avant de déposer le bilan, mais entre ces deux dates, elle n’avait jamais eu la moindre activité commerciale.
         ̶  Qu’avez-vous fait ?
         ̶  Le soir même, je fonçais chez Medhi. Folle de rage. Devinez quoi ? Il a tout avoué ! Sans que j’ai à le forcer ! M’expliquant qu’il avait été contraint de monter ces affaires bidons en raison de dettes de jeu contractées par son ex-femme, une accroc au poker. Il m’a montré des photos d’elles, dans différents tournois. Il m’a montré les reconnaissances de dettes, avec les montants déjà payés et les montants encore dus, avec leur date d’échéance…
         ̶  Et vous l’avez cru ? Après ce que vous veniez de découvrir ?
         ̶  Oui…, bafouilla-t-elle, presque navrée. Tout semblait parfaitement authentique. Lui-même était si touchant, si tendre. Il m’en parlait les larmes aux yeux, m’implorant de le pardonner… Jurant qu’il m’aimait comme il n’avait jamais aimé personne… Que son rêvé était de m’épouser… Mais qu’avant, il voulait assainir sa situation financière… Et j’y ai cru…
            Elle baissa lentement la tête et son regard triste se posa sur le verre que sa main serrait toujours. Sa voix s’était faite de moins en moins assurée à mesure qu’elle parlait, et son corps, élancée et fier à son entrée dans la pièce, commençait à ployer sous le poids de ses révélations.
         ̶  Vous l’aimiez beaucoup, n’est-ce pas ? demanda tendrement Valdès.
         ̶  Eperdument !
         De faibles pleurs affluèrent à la commissures de ses yeux et, sans force, elle les laissa couler le long de ses joues, se contentant de dissimuler ses mains tremblantes sous la table.
         ̶  Trois jours après cette discussion, il m’appelle et me propose ce voyage en Thaïlande…   
         ̶  Vous deviez partir avec lui ?
         ̶  Oui. On devait prendre un billet chacun de notre côté. Pour ne pas éveiller les soupçons. Voilà pourquoi vous n’avez trouvé que le sien. Je n’ai jamais pris le mien…
         ̶  Et votre mari dans tout… Aïe ! hurla Vilêne, mais t’es cinglé !
         Il attrapa sa cuisse à deux mains, se tordant de douleur à la suite du violent coup de coude que venait de lui asséner Valdès. Tout à sa tristesse, Iris Rousseau sembla ne rien remarquer, continuant à répondre machinalement aux questions qu’elle devinait plus qu’elle n’entendait.
         ̶  Je l’aimais comme une folle. J’étais prête à quitter mon mari pour lui... Ah ! Mon mari !  Je crois qu’il n’a jamais rien remarqué. Ҫa fait dix ans qu’il ne remarque plus rien… J’aimais Medhi et le croyait. Pourtant, au fond de moi, il y avait toujours cette petite voix où subsistait comme un doute sur sa sincérité…
         ̶  Quand le doute s’installe… murmura Valdès, mais Iris Rousseau continua sans l’entendre.
         ̶  Cette petite voix qui me disait « fait attention Iris, fait attention ». Un soir, il y a un mois environ, je me suis cachée en face de chez lui. Je l’ai attendu dans ma voiture. Un taxi est passé le prendre vers minuit. Je l’ai suivi jusqu’à un bar du marais où il est descendu. Je n’ai pas eu besoin de chercher à me garer pour en voir davantage. A la façon dont il a été accueilli, embrassé, caressé par les types à l’entrée, le masque est tombé… Lourdement... J’ai compris que je m’étais faite roulée ! Que je n’étais qu’une pompe à fric ! Ҫa fait mal…
         Iris Rousseau s’écroula presque sur le bureau tandis que la chute des larmes redoublait d’intensité.
         ̶  Putain, comme ça fait mal…
         Valdès et Vilêne restèrent un moment immobiles et silencieux, lui laissant le temps d’évacuer sa tristesse et sa misère.
         Jugeant qu’il était temps de conclure, Vilêne reprit la parole.
         ̶  Pouvez-vous nous parler du soir du meurtre ?
         ̶  Vous savez déjà tout. Je suis venu lui dire mes quatre vérités et je suis partie. Vous pensez sincèrement que j’ai pu le tuer ?
         Elle était totalement effondrée. On eut dit qu’elle avait perdu trente centimètres tant son menton tremblotant était proche du bord de la table. De son beau visage ne subsistait que le bleu de ses yeux et l’on aurait pu lui donner quinze ans de plus sans penser se tromper.
         Valdès se leva, contourna la table et posa une main tendre sur l’épaule d’Iris Rousseau. Mais celle-ci la repoussa doucement.
         ̶  On va vous raccompagner, proposa Vilêne.

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